Dernier épisode du classement établi par le sondage L’Espresso-Swg dans le dernier numéro de l’hebdomadaire.

Au lendemain d’élections régionales plutôt décevantes, le centre-gauche se cherche un nouveau leader pour relever le défit ultime: battre Silvio Berlusconi en 2013. Le sondage L’Espresso-Swg publié par l’hebdomadaire propose un palmarès de 7 candidats potentiels. Une distribution haute en couleurs avec une véritable répartition des rôles… Après Luca Cordero di Montezemolo, Pier Luigi Bersani, Nichi Vendola, Mario Draghi et Beppe Grillo, Roberto Saviano (6% des sondés) et Rosy Bindi (5%) viennent clore le classement.
L’écrivain anti-mafia, Roberto Saviano, 30 ans (6%)

© BALTEL/SIPA
Né à Naples le 22 septembre 1979, le jeune journaliste Roberto Saviano est devenu le nouveau symbole de la lutte contre la mafia avec son livre Gomorra. Publié en mars 2006 et vendu à près de 2 millions d’exemplaires en Italie, 3 millions dans 43 pays à travers le monde, le roman propose une plongée ultra-réaliste et hyper-documentée au coeur de la Camorra (la mafia napolitaine) le récit hallucinant d’un « système » avec ses mécanismes économiques et son crime organisé.
Menacé de mort pour avoir révélé les noms des boss de l’organisation dans son livre, sous protection permanente depuis octobre 2006, Roberto Saviano fait figure d’intellectuel-martyr, condamné à dévouer sa vie à la cause anti-mafia. Il collabore aujourd’hui à divers journaux et hebdos en Italie (la Repubblica, l’Espresso) aux Etats-Unis (Washington Post, New York Times), en Allemagne (Die Zeit), en Espagne (El Pais) etc. Caché, vivant la plupart du temps à l’hôtel, ne se déplaçant qu’en voiture blindée, Saviano fait de chacune de ses apparitions publiques un événement.
Désormais actif dans le mouvement anti-Berlusconi et la dénonciation de la corruption de la classe politique, il a publié une tribune dans la Repubblica du 20 mars dernier où il proposait que des observateurs de l’ONU viennent surveiller le scrutin des élections régionales pour assurer aux Italiens « un vote honnête et régulier ». Ecrivain avant tout et opposant au régime par nature, Saviano aura-t-il un destin national? En a-t-il envie?
La parlementaire pasionaria, Rosy Bindi, 59 ans, (5% des sondés)

© F. Escalar Lightshape srl
La présidente du Parti démocrate, Maria Rosaria Bindi, seule femme du classement, figure en dernière position dans le sondage. Diplômée en Sciences Politiques, elle début comme vice-présidente de l’Action Catholique de 1984 à 1989. Le 12 février 1980, elle assiste à l’assassinat de Vittorio Bachelet par les Brigade rosse (brigades rouges). Parlementaire européenne du parti Démocratie chrétienne, elle participe ensuite à la naissance du nouveau Parti populaire italien.
Engagée aux côtés de Romano Prodi dans la coalition de L’Ulivo (L’Olivier) puis à la Margherita, elle entre au gouvernement en 1996 comme ministre de la santé puis en 2006 comme ministre des politiques familiales. Député de Toscane depuis 2001, elle est depuis 2008 vice-présidente de la Chambre des Députés pour le groupe du parti démocrate et depuis septembre 2009 présidente du PD.
Femme droite et tenace, championne de l’assiduité à l’Assemblée, Bindi n’aime pas les querelles de famille et se trouve aujourd’hui un peu coincée entre Prodi et Bersani alors que le parti risque encore une fois de s’embourber dans les querelles et la désunion.
Et Berlusconi?
Le président du conseil qui ne brille pas vraiment par son élégance à l’égard des femmes, a attaqué Rosy Bindi lors de l’émission Porta a porta consacrée à la déclaration d’inconstitutionnalité du « Lodo Alfano ». Au téléphone pour réagir à la décision de la Cour Constitutionnelle, Berlusconi a dit à Bindi lors du débat qu’elle était plus « belle qu’intelligente ». Une pétition pour la dignité des femmes avait été immédiatement lancée par le journal La Repubblica.


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