Qui peut battre Berlusconi 3: Nichi Vendola

Published on avril th, 2010

Suite de l’analyse du classement établi par le sondage L’Espresso-Swg dans le dernier numéro de l’hebdomadaire.

Au lendemain d’élections régionales plutôt décevantes, le centre-gauche se cherche un nouveau leader pour relever le défit ultime: battre Silvio Berlusconi en 2013. Le sondage L’Espresso-Swg publié par l’hebdomadaire propose un palmarès de 7 candidats potentiels. Une distribution haute en couleurs avec une véritable répartition des rôles… Après Luca Cordero di Montezemolo et Pier Luigi Bersani, la troisième marche du podium revient à Nichi Vendola:

Le communiste des Pouilles reconverti à l’écologie tendance 2.0, Nichi Vendola, 51 ans (10% des sondés)

© Repubblica

Difficile de choisir un seul adjectif pour qualifier cet homme politique multifacettes, anticonformiste, doté d’un caractère opiniâtre forgé au sud de la péninsule.

Né à Terlizzi au coeur des Pouilles, Nichi Vendola (prononcez « Niki » comme Nikita Krouchtchev), est tombé dans la marmite du communiste quand il était petit. La légende raconte à longueur de notice biographique que sur les murs de la maison familiale, ses parents avaient accroché le portrait du cosmonaute russe Yuri Gagarin juste à côté de celui du pape Jean XXIII, deux « héros » de l’Histoire, chacun à sa façon.

Après des études de philosophie et une thèse sur Pier Paolo Pasolini, il s’inscrit à la fédération des jeunes communistes en 1972. Cofondateur du PRC (parti de la refondation communiste) où il milite contre la pensée unique de marché, il est aussi  engagé à l’Arcigay (l’association pour la défense des droits des homosexuels) et à la Lila (Ligue italienne de lutte contre le Sida). 

Affichant sa « différence » comme un argument de campagne électorale, il déclare même « L’homosexualité est un morceau de mon schisme des deux églises, de l’église communiste et de l’église catholique« . Député depuis 1992, il est élu président de la région des Pouilles en avril 2005. En signe de « mariage avec le peuple », il porte au pouce une alliance offerte par un pêcheur de Bari – celle de sa mère.

En janvier 2009, il quitte le parti de la refondation communiste. En décembre, il intègre le parti écologiste de gauche Sinistra Ecologia Libertà. Désigné lors des primaires de janvier 2010 comme candidat du centre-gauche, le politique à la boucle d’oreille remporte les élections régionales  avec un  slogan énigmatique « La poésie est dans les faits » et est réélu gouverneur de la région des Pouilles.

Dans le sondage de l’Espresso, il talonne le leader du PD, Pier Luigi Bersani et arrive même en tête chez les personnes interrogées du sud de l’Italie, s’il fallait démontrer la popularité du président de la région Puglia. En cas de primaires, il sera un concurrent sérieux.

Ses plus?

Populaire, charismatique, atypique: Vendola sait se vendre. Très actif sur internet (site efficace, facebook…), il a créé la « Fabbrica di Nichi« , une sorte de réseau de comités électoraux sur le modèle de la démocratie participative – même si le terme n’est pas employé – qu’il pourrait envisager d’étendre à tout le territoire…

Ses moins?

C’est avec les dents qu’il a dû arracher son ticket de candidat lors des primaires, le PD n’était pas disposé à lui laisser la place. Certains le présentent comme le Berlusconi de gauche, et ça ne lui plait pas beaucoup…  Son côté « ovni politique » pourrait dérouter certains électeurs. Ancien communiste, fraichement converti à l’écologie, il aura peut-être du mal à séduire l’électorat du centre et du centre-droit.

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