Qui peut battre Berlusconi en 2013? C’est la question que pose cette semaine l’hebdomadaire L’Espresso.

Au lendemain d’élections régionales plutôt décevantes, le centre-gauche se cherche un nouveau leader pour relever le défit ultime: battre Silvio Berlusconi en 2013. Le sondage L’Espresso-Swg publié par l’hebdomadaire propose un palmarès de 7 candidats potentiels. Une distribution haute en couleurs avec une véritable répartition des rôles… Après Luca Cordero di Montezemolo, voici le portrait du candidat (potentiel/probable) arrivé en seconde position.
Le (presque) leader officiel du centre-gauche, Pier Luigi Bersani, 59 ans (11% des sondés)

Crédit photo: panorama.it
Arrivé second du sondage de L’Espresso, l’actuel secrétaire général du PD (Parti démocrate) Pier Luigi Bersani a naturellement les faveurs des électeurs de centre-gauche (il arrive en tête avec 20% dans cette catégorie). Plus difficile par contre avec son passé de communiste de rallier les électeurs de centre-droit qui votent aujourd’hui Berlusconi.
Originaire de la province de Piacenza en Emilia-Romagna, cet ancien prof de philo a débuté dans les rangs du Parti communiste italien avant de rallier le DS (démocrates de gauche). Conseiller régional d’Emilia-Romagna, il en est le président depuis le 6 juillet 1993. Engagé dans la coalition de centre-gauche, L’Olivier, il intègre le gouvernement de Romano Prodi en 1996 au poste de ministre de l’Industrie, du commerce et du tourisme. Ministre des transports de décembre 1999 à juin 2001, il est élu député de Fidenza-Salsomaggiore en 2001 et député européen en 2004. Suite à la victoire de l’union en mai 2006, il est nommé ministre du développement économique dans le second gouvernement Prodi. Protagoniste de la naissance du Parti Démocrate, il en devient le « monsieur économie » en novembre 2007.
Elu secrétaire général du PD en novembre 2009 à la suite de primaires (avec 52 %, il devançait ses deux adversaires Dario Franceschini 34 % et Ignazio Marino, 14 % des suffrages) il jouait gros lors de ces élections régionales. Pourtant, il avait envie d’y croire, son arrivée ayant apaisé provisoirement les luttes intestines qui ravageaient le parti. Félicitant Martine Aubry pour l’éclatante victoire de la gauche en France, il lui écrivait « Votre succès est un encouragement à notre engagement. (…) Il y a effectivement un air nouveau qui souffle. J’espère qu’il passera aussi par là ».
Malheureusement, loin d’une bourrasque puissante de Sirocco, les élections régionales du 28 et 29 mars balaient d’un blizzard implacable la gauche italienne, consacrent le succès du Parti de la liberté de Silvio Berlusconi et surtout la poussée de la Ligue du Nord. Son leader, Umberto Bossi avait d’ailleurs pronostiqué quelques jours avant le scrutin que « le vent de gauche » qui s’était levé en France ne traverserait pas l’Italie, « il s’arrêtera sur le Mont-Cenis, contre les Alpes ».
Tandis que le parti de Berlusconi s’empare de 4 régions contrôlées jusque là par la gauche, Bersani refuse d’y voir une défaite. Même si les tensions au sein du PD pouvaient augurer d’une débâcle bien plus grande, cette analyse jugée « trop positive » d’un résultat clairement décevant a réveillé des ardeurs contestataires dans les rangs du parti. A ces voix discordantes, Le secrétaire général rétorque qu‘il « faut travailler, discuter aussi mais sans se regarder le nombril ». Une leçon qui n’a pas plu à tous ses camarades…
Dans ces conditions, Bersani, agrippé à la barre d’un bateau toujours à la limite du naufrage, aura probablement des difficultés à incarner le renouveau de la gauche face à Berlusconi en 2013. Surtout que des grandes figures comme Prodi ou Veltroni peuvent avoir envie de mettre leur grain de sel dans le processus de désignation du « champion » de la gauche. Mais en politique, n’est-il pas toujours délicat de construire une victoire sur une défaite?
Avec 18% des sondés, c’est le candidat préféré des 18-24 ans. Il n’obtient que 20% chez les sondés de centre-gauche, un score modeste pour le leader actuel du PD.
Ses plus?
Un parcours classique et sérieux d’élu local, une expérience de ministre et des compétences en matière d’économie, point positif pour un homme de gauche.
Ses moins?
Arrivera-t-il à s’imposer dans le parti? A-t-il le charisme nécessaire face à un adversaire comme Silvio Berlusconi?
A demain avec Nichi Vendola.


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