Guide de survie du Gaulois chez les Romains

Published on janvier th, 2010

Quelques conseils pour profiter pleinement d’un we à Rome…

Cher camarade lecteur,

Puisque tu pars à Rome le week-end prochain et que tu as sollicité mes « lumières » dans cet email si sympathique, voici quelques idées qui te seront peut-être utiles lors de ce voyage chez nos amis romains.

Comment traverser une rue?

Si tu n’es pas en pèlerinage pour rendre visite à « papa Benedetto XVI », et que tu exclus tout recours à la prière, il te faudra suivre une technique particulière, risquée mais essentielle pour parvenir à traverser certaines avenues dépourvues de feu de signalisation. Ex: les voies autour du Capitole et de la piazza Venezia, autour du monument Vittorio Emmanuele (via IV Novembre, via del Theatro di Marcello, via dei Fori Imperiali etc.). Je préfère te prévenir d’emblée que je ne peux en aucun cas être tenue pour responsable si d’aventure, tu te retrouves écrabouillé sous une Fiat, ou si ton pacemaker déraille, pas la peine de m’écrire en réclamant des dommages et intérêts.

  • Le truc est enfantin (mais si tu peux éviter d’expérimenter ma méthode avec un enfant, c’est mieux): il s’agit donc de te positionner au niveau du passage piéton, de t’engager sur la chaussée d’un pas décidé dès que le flux des voitures est un peu moins dense.
  • A ce moment-là, TU NE DOIS PAS COURIR. Si tu cours, l’automobiliste se dit: le piéton court, j’ai le temps donc je ne ralentis pas, j’accélère (pour les plus vicieux).
  • NE PANIQUE PAS. Traverse donc de la manière la plus calme possible, pas comme une tortue non plus. D’un pas décidé avec la nonchalance à l’italienne.
  • Tu ne dois PAS NON PLUS REGARDER l’automobiliste ouvertement, mais jeter un petit regard latéral à la vague de bagnoles, proche de déferler sur toi, pour vérifier que le stratagème fonctionne. Le but n’étant pas le suicide.
  • Sache que si tu regardes trop ouvertement l’automobiliste, tu ne traverseras JAMAIS. Il se dira: le piéton m’a vu donc je ne m’arrête pas, j’accélère…
  • Ces conseils ne sont pas superflus. J’ai déjà vu des touristes complètement bloqués, pendant de longues, très longues minutes sans savoir quoi faire (à part me suivre quand je traverse). pour finir : BONNE CHANCE.

Mes épiceries préférées?

Deux repaires incontournables pour ramener des produits italiens dans tes bagages:

  • Castroni (plusieurs points de vente dans la ville; il y en a un près du métro Ottaviano, et un autre – le plus grand -  via Cola di Rienzo, accolé à Franchi, autre endroit sympa pour les conserves, fromages etc.).
  • Autre adresse dans le quartier populaire du Testaccio: Volpetti. Ils ont ouvert dans la rue perpendiculaire une sorte de snack/cantine qui sert leurs délicieux plats maisons. Ca peut dépanner pour manger un morceau sur le pouce (goûter la pizza aux truffes).

En vrac des adresses à tester :

  • si tes déambulations te mènent à proximité: le resto Tre Pupazzi, borgo Pio 183, une taverne du XVIIe (spécialité: cuscinetto ai tre pupazzi)
  • une cuisine typiquement romaine Da Alfredo e Ada Via dei Banchi Nuovi 14ou encore Da Oio a casa mia, Via Galvani 43/45
  • un glacier qui ne paie pas de mine (vente à emporter exclusivement) Gelateria Old Bridge, via dei Bastioni di Michelangelo (à côté du Vatican) mais les vendeurs beaux gosses et leurs crèmes glacées succulentes suffisent au bonheur de tout spécimen féminin normalement constitué.

Rome c’est d’ailleurs la ville idéale pour déguster des crèmes glacées, on trouve d’incroyables glaces artisanales pour quelques euros.

  • Si tu préfères les adresses historiques et les glaces élégantes: Giolitti, via Uffici del Vicario 40
  • ou encore près de la fontaine de Trevi San Crispino, via della Panetteria 42

Si tu n’as pas fait encore le plein de sucre:

  • fais un tour à la pâtisserie Cinque Lune, corso del Rinascimento 89 (oh la la la bomba alla crema)
  • Si le bobo pousse en toi et que le pain te manque, malgré toute cette pasta, va chez Panella via Merulana, 54  (metro Vittorio Emmanuele). Plus de 100 variétés de pains, des recettes antiques, des machins bizarres (plus ou moins mangeables, mais si tu as une bonne dentition, point d’inquiétude) venus des Romains antiques « panis quadratus », « farreus ». Le prix est en conséquence (attention, la plupart du temps il est indiqué au kilo et non à la pièce) et les employés pas franchement aimables. Mais ça vaut le coup!
  • dans le superbe quartier du Trastevere, le Forno la Renella, vicolo del Moro, idéal pour déjeuner sur le pouce et acheter des biscuits.
  • si tu visites Rome sous le soleil ou que tu sors le soir à la belle saison, la grattachecca est incontournable (glace « grattée » arrosée de sirop), il y a des kiosques le long du fleuve, par exemple: Sorella Mirella, à l’angle du lungotevere degli Anguillara et du ponte Cestio.

Où manger une bonne pizza?

A peu près partout (je n’ai pas dit « partout », le premier qui me cherche sur le sujet, me trouvera, amis contestataires, vous êtes prévenus!) à condition que les produits soient frais. Je ne conseillerais à personne de traverser la ville pour manger une pizza spécifique. A part peut-être ici, une bonne adresse très courue: Est, Est, Est Via Genova 32. A la romaine, préfère une pizza pâte fine et croustillante, et goûte les spécialités aux légumes.

Pourquoi les chauffeurs de bus (en VO « autista ») sont-ils aussi méchants?

Parce qu’ils préfèreraient conduire une belle bagnole rutilante au lieu d’un tank semi-soviétique orange. Non, je ne sais pas. En tous cas, ne t’étonne pas qu’ils portent des lunettes de soleil même par temps couvert. Il y a quand même quelques bricoles à savoir avant de tenter l’aventure:

  • ne pas dire bonjour au chauffeur, ne pas lui parler, ne pas le regarder… La chose est extrêmement mal perçue. Derrière ses lunettes de soleil, vissées sur son nom romain, été comme hiver, le chauffeur ne vous répondra pas!
  • les tickets de bus (valables aussi dans le métro) ne sont pas vendus dans le bus (sauf exception, certains étant équipés dans la partie arrière de distributeurs de titres de transports, en panne dans 50% des cas), mais tu peux les acheter dans le métro, ou dans les kiosques à journaux.
  • monter dans le bus par la porte avant (rappel du point précédent: résiste à saluer le chauffeur de ton plus beau « bouongiournooooo » il ne démontrera aucun intérêt pour tes efforts linguistiques et pourrait même penser que tu te moques de lui, en VO = « prendere per il culo ») ou arrière. Surtout pas par la porte du milieu qui est réservée à la descente des voyageurs.
  • avoir une carte du réseau ou regarder à l’arrêt de bus avant de monter où tu dois descendre. Compter le nombre d’arrêts pour arriver à destination. La plupart du temps, il n’y a pas de carte d’itinéraire à l’intérieur du bus.
  • anticiper la descente. N’attend pas le dernier moment pour te déplacer vers le milieu du bus lorsque le moment de sortir sera venu, tu pourrais bien rester coincé, et surtout, tu importuneras tout le monde, déjà que les transports en commun sont une plaie pour les Romains, autant suivre les règles.conseil bonus: accroche-toi à la barre la plus proche lors du parcours: la conduite des chauffeurs romains est plutôt sportive…

Bon voyage au pays de la Dolce Vita!

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